Hier, se tenait la conférence de presse de la Fevad. Comme à chaque rentrée, on y apprend son lot d'analyses sur la même veine d'une croissance à deux chiffres : les ventes sur Internet ont généré près de 22 milliards d'euros de chiffre d'affaires sur les six premiers mois de 2012. Soit une croissance de 22 % en un an.
"En France, il se créé un site marchand toutes les 20 minutes", annonce Marc Lolivier, Délégué Général de la Fevad. Si ça se trouve, c'est toutes les 22 minutes !
En un an, en tout cas, la progression du nombre de sites est de plus de 22% (23 pour être exact) par rapport à 2011. Nous en sommes à 110.000 recensés et la barre des 120.000 devrait être franchie fin 2012.
Mais, car il y a bien entendu un mais, à périmètre constant, la croissance du secteur a ralenti. Tendance que l'on relève également chez nos voisins d'en face : au Royaume-Uni, la croissance du e-commerce s’essoufle également pour la première fois en quatre ans.
Dans l'e-commerce aussi, la crise commence à se faire sentir.
Mais pour le web, la crise est un peu synonyme de chance. En un an, ce sont 1,3 million de clients supplémentaires, dont 11% de de seniors qui ont rejoint le flot des 32 millions d'acheteurs en ligne.
8 français sur 10 !
Et plus encore avec la crise, ils écument l'Internet pour trouver la bonne
affaire et acheter moins cher.
Seulement moins cher ou bien également plus pratique, plus rapide, plus confortable ?
La semaine dernière c'était la rentrée des classes. Quelle proportion de parents ont pensé à passer commande de fournitures scolaires, livres et autres calculettes sur des sites en ligne ?
De plus en plus, sans aucun doute, si l'on en croit les résultats du Top 15 des sites « e-commerce » les plus visités en France : Amazon arrive en tête, loin devant. Et 1 seul français indépendant dans ce top 15. Idem pour le Top 5 des sites et applications mobiles les plus visités en France.
Alors oui, une croissance à 2 chiffres qui certes illustre la maturité et la bonne tenue du secteur mais laisse entrevoir la fragilité des acteurs français. C'est d'ailleurs l'objet d'une interview d'Olivier Bernasson le 31 août dernier et dont en substance je partage partiellement le point de vue :
"En résumé, on va s'apercevoir que l'e-commerce affiche toujours une belle croissance, ce qui est appréciable par les temps qui courent, mais que les acteurs sont fragiles. Et donc que contrairement à ce que semblent penser les hommes politiques, qui voudraient bien taxer notre secteur, nous ne sommes pas assez matures pour servir de vaches à lait."
22' vla l'e-commerce, vache à lait taxable à souhait ?
Depuis, on apprend que le gouvernement a réfléchi sur la taxation des entreprises. "C'était une des promesses de campagne de François Hollande: faire varier davantage le taux de l'impôt sur les sociétés (IS) en fonction de la taille des entreprises, c'est-à-dire accorder un taux faible à davantage de PME, un taux moyen aux sociétés de taille intermédiaire et frapper d'un taux élevé les grands groupes."
Le coup de pouce aux PME dont les PME du e-commerce n'aura sans doute pas lieu.
Décidément, toutes les TPME ne sont pas à la même enseigne !


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