Le "A méditer" de la semaine est un pavé dans la mare jeté par Serge Abiteboul sur 01net dans une interview au titre engagé « Le big data est avant tout un effet de mode ».
Qui est Serge Abiteboul ? Professeur au Collège de France et directeur de recherche à l’Inria, il est surtout l’un des meilleurs spécialistes mondiaux de la gestion de l’information. Crédibilité et légitimité optimales donc.
Note : Et blogueur irrégulier mais passionnant !
Dans une première partie, il évoque l'alternative qui pourrait se produire d'ici une vingtaine d'années :
- ou des entreprises commerciales, comme Facebook ou Google auxquelles il faudra aveuglément faire confiance, concentreront toutes les informations personnelles du monde.
- Ou bien nos données seront distribuées sur des milliards de systèmes permettant à chacun d’en garder la maîtrise ou de faire appel à des tiers de confiance de données personnelles
Le problème ? Comme depuis toujours, la protection des données privées. "Les entreprises se mettent à réunir le maximum d’infos sur vous en s’asseyant souvent sur les grandes idées comme la protection des données privées. Vous devenez des objets d’analyse."
Reste ensuite la question du traitement de ces données.
Tout ce qui est récolté est-il vraiment exploité ?
"A mon avis, non. Comme le stockage est devenu bon marché, les DSI récoltent tout, à tout hasard. Après, il faut analyser les résultats ; mais, là, ce n’est pas facile. Ensuite, il faut utiliser les résultats. Ça devient un problème de business et de marketing. Comment découvrir dans les données qu’un client est particulièrement susceptible de vous préférer un autre fournisseur : c’est un problème d’analyse. Comment faire pour le garder : c’est un problème de business. Aucun des deux problèmes n’est simple. Conclusion : des téra octets de documents dorment, inexploités."
En ce qui me concerne, quand j’analyse les données de milliers de sites Oxatis, ce n’est pas connaitre le comportement du site X ou Y qui m'intéresse, c’est comprendre la dynamique d’un ensemble de sites, profiler des groupes, pour investir dans les domaines qui conviennent le mieux, et corriger les éventuelles faiblesses de nos services par rapport aux usages prouvés et non « pensés par quelques gourous ».
Le Big Data n’est pas le big brother... en tous les cas, c’est cela qu’il ne faut pas perdre de vue pour que le Big Data soit réellement au service des utilisateurs.
A méditer ...


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