La semaine dernière, sur le salon du eCommerce, j’assistais à la présentation d’un de mes excellents confrères dont la société propose «comme Oxatis» une solution locative de création de boutique en ligne.
Ses arguments vantaient mieux que je ne l’aurais fait moi-même les avantages liés à une solution locative en ligne mutualisée.
Entres autres avantages, l’orateur louait le partage des ressources d’un ensemble de serveurs, le fait que tous les clients utilisent la même version ce qui simplifie grandement le support et force à corriger les erreurs en quelques heures (Qui n’a pas pesté contre son logiciel de gestion dont la nouvelle version est pleine de bugs et dont le prochain patch est prévu dans 2 mois alors que le support vous dit que le bug est bien corrigé … mais dans ce patch).
En un mot, il n’était pas avare d’arguments sur les avantages de la mutualisation du code et des ressources de sa plateforme. Le témoin de mon confrère était, lui aussi, excellent. Une belle réussite, un positionnement subtil. Tout se passait pour le mieux dans le meilleur des mondes.
Jusqu’à ce qu’une personne de la salle pose la question (qu’il n’aurait finalement jamais du poser si seulement il avait écouté ce que disait mon confrère (sic)) : « Comment se passent les mises à jours, est-ce que vous en bénéficiez automatiquement ? »
La réponse du témoin fusa : « Bien sûr, nous bénéficions de mises à jours constantes. Mais bon, moi je suis
en version X.Y.3. Je sais que la dernière version c’est la X.Y.5 (et de prendre à témoin mon confrère dépité qui s’efforçait d’apprécier la qualité du nouveau cirage de ses chaussures au lieu de soutenir le regard du témoin)… vous savez ce que c’est, je ne suis pas trop pressé de passer à la dernière version car il vaut mieux laisser les autres essuyer les plâtres, c’est à chaque fois la même chose » !!!
Peu de gens dans la salle ont semblé relever l’incohérence des propos. Comment peut-on dire que l’avantage d’une solution mutualisée c’est le partage (sous-entendu de tout), mais que finalement il existe X versions du logiciel « mutualisé », tournant sur Y serveurs, que le support doit certainement gérer autant de cas particuliers que de versions en cours d’utilisation, que la charge n’est répartie que sur des petits groupes de serveurs, etc, etc.
Moi ça me fait penser à une mutuelle médicale qui vous dirait « Quand vous rentrez chez nous vous souscrivez au groupe des bigleux, des jeunes, des vieux, des couples avec enfants… si si nous sommes bien une mutuelle… mais vous comprenez chacun doit être traité de façon appropriée ».
Franchement, vous y souscririez vous à une telle mutuelle ?
Encore une métaphore me direz-vous, mais les 10 dernières années que j’ai passées dans le monde virtuel, m’ont enseigné que les métaphores permettaient souvent de souligner le ridicule de certaines affirmations.
Bonne journée à tous !
Marc
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